Les Jeteurs d'Encre : site relatant les pérégrinations quotidiennes de 14 fabuleuses aventurières aux quatre (et même plus) coins du monde.

  • Europe
  • Grèce
  • Ecosse
  • Autriche
  • Roumanie
  • Europa Trip 2015
  • Europa Road-Trip 2016
  • Irlande
  • Croatie
  • Amérique
  • Bolivie
  • Equateur
  • Canada
  • Argentine
  • Afrique
  • Asie/Océanie
  • Australie
  • Japon
  • Vis ma vie d’immigrée

    par Manon Argentine, Argentine, Amérique

    - Je vole le travail des Argentins.

    Apprendre l'Espagnol 1.0.
    Voilà un mois que je suis arrivée en Argentine, les débuts ont surtout été une tentative maladroite de comprendre ce que l'on essaie de me gesticuler dans un espagnol avec un accent amusant. Pour moi, assez difficile d'être muette et sourire tout en faisant fonctionner toutes les cellules de mon cerveau pour tout éponger et apprendre cette langue inconnue. Très fatiguant donc, deux heures de conversations et c'est une aspirine et 48h de sommeil qui sont nécessaires ! Car il faut apprendre non seulement l'espagnol, mais aussi les expressions idiomatiques du pays, les argentins ayant un petit -ch- sur la langue, transformant tout les Y et LL en CH, ce qui est assez amusant : Pas Yo, mais Cho, pas "me llamo Manon" mais "me Chamo Manu" - à noter qu'une fois de plus, Manon n'existe pas, je change d’appellation comme de pays, ici, pour l'instant c'est Manu/Manonne/Manuela - et puis le dialecte est différent, et évidemment, les gros mots sont les plus faciles à apprendre : Boludo, c'est le Malaka d'ici, et celui-ci a été rapide à comprendre ! Mais à coup de séries en espagnol, de films argentins (que je recommande, j'aime beaucoup le cinéma argentin, qui te twiste le cerveau, comme Nueva Reinas), de Duolingo & Babel et de ces conversations petit à petit, ça entre. De plus, j'ai la chance de vivre avec le plus adorable des argentins, qui prend soin de moi, et qui m'aide à bosser les langues - oups ! -, et qui s'assure que je ne manque de rien, que ce soit une bière lorsqu'il vient me chercher à 3h du mat' à la sortie du travail, une paire pour apprendre l'espagnol, un repas chaud et bon dès qu'il fait faim. Sans lui je crois bien que mon adaptation aurait été bien plus compliqué, c'est chouette pour une fois de pouvoir compter sur quelqu'un d'autre que sur moi même en voyage. 

    Travailler en Argentine pour les noobs.
    Une fois donc que la langue commence à rentrer, je peux enfin me déplacer seule, prendre le métro, le colectivo, demander mon chemin, discuter avec les gens, et chercher du travail ! En une journée de dépot de CVs, j'ai eu deux réponses, et j'ai commencé à travailler. Pour l'instant, je travaille dans un restau chic de Puerto Madero, où très vite, je me suis rendue compte que nos conditions de travail sont trèèèès largement différentes de l'autre continent ! Comptez 10h de travail journalier, ou 14h les fins de semaine. Pas besoin de papiers, ce qui compte c'est la main d'oeuvre. Tu veux travailler ? Bien. Prends ta motivation et travaille, parce que si tu ne fais pas l'affaire, d'autres ont autant envie de travailler que toi. Pour moi, le fait que je parle plusieurs langues leur plaît pas mal, par contre, si mon espagnol se survit au quotidien, au boulot c'est plus compliqué, les clients là où je bosse n'ont pas le temps ni l'envie de parler lentement afin que tu puisses prendre leur commande, et c'est pour ça que si l'autre boulot, dans le quartier jeune de Palermo, si je fais l'affaire, me sera plus agréable. 

    Buenos Aires, l'air est-il bon ?
    Sinon l'Argentine, tout le monde me demande, j'aimerai bien vous montrer à quel point c'est différent, mais en fait, pas tant que ça. Les rues sont construites sur le système américain : carré, avec de grosses avenues, et les rues ne sont pas sales ou malodorantes, les voitures sont les mêmes, et respectent les signalisations, ce n'est pas un Kilombo - bazar - comme l'image que nous avons en Europe. Je ne me risquerai pas à conduire cependant, le dépassement par la droite semble être commun ici ! Idem, si l'on fait un peu attention, c'est tout à fait safe: On met son sac devant soi quand on marche, on tient son téléphone dans les transports en commun, il ne se passe rien, il faut juste adopter ces réflexes, au cas où. Indeed, la ville est très similaire à n'importe quelle autre grosse ville d'Europe. Je dis la ville, parce qu'il y a une autre partie de la ville, que je ne peux pas visiter, qui s'appelle Villa (prononcez vicha), avec une population extrêmement importante, qui est l'équivalent des favelas au Brésil, mais je ne peux pas vous en dire plus, je n'y ai jamais mis les pieds, et on me le déconseille si je ne veux pas me retrouver kidnappée, mes fringues envolées ainsi que mon téléphone et mon argent dès la première rue. 

    Généralités sur le paysage social.
    Et les argentins alors ? Une autre mentalité ? Oui, un peu, mais idem, pas tant que ça. Je m'attendais à un monde différent, latino, proche du monde grec, où les gens sont moins froids que chez nous, et ce n'est pas tout à fait le cas, j'en parlais avec mes collègues Vénézuéliennes qui me disaient que c'est l'effet grosse ville (17 millions d'habitants au passage - 1/3 de la population Française sinon) qui fait ça, mais qu'en dehors de l'agitation de la capitale, les gens sont adorables. Bien sûr, les gens que je rencontre ici sont adorables, mais ce sont des gens choisis, amitiés de longue date, mais pour ma part, me faire mes propres amis est un chouilla plus compliqué, et ça prendra du temps. Mais si vous voulez du différent par contre, quelquechose qu'on a pas chez nous : cette manie qu'ont les garçons à vouloir bien plus qu'être ton ami, "hé viens on va être amis, se boire un verre et fumer un joint / oui Ok, c'est un "date" ? / Oh je sais pas, ça dépendra de la vibe" OUI BIEN SÛR. Et les garçons paient pour tout, s'ils t'ont en ligne de mire, moi ça me fait drôle, j'ai l'habitude d'être une grande fille et de me payer ma propre consommation d'alcool et de me la coller tranquille hahaha.

    Qu'est-ce qu'on mange ?
    Enfin - et ensuite promis je met des images, désolée pour la lecture, fallait bien résumer un mois de changements en quelques mots - LA BOUFFE. Chapitre très important en Argentine. Mon dieu ce qu'on mange bien ! De la viande, avec de la viande, et du pain pour faire couler, mais de la viande qui ne se fout pas de ta tronche, entre l'Asado, qui est littéralement une vache entière au barbeuc', le poulet à la plancha et au citron, les milanaises de poulet, les hamburgers de viande du boucher, et les pizzas faites maison, je me régale ! Ils ne mangent pas épicé, comme les mexicains, c'est surtout de la viande, parce que c'est étonnement pas cher, tout se mange sur une vache - même le cerveau il paraît, à essayer dans les prochains mois. Parlons aussi de la Dulce De Leche, MON DIEU POURQUOI J'IGNORAIS L'EXISTENCE DU PARADIS ? Pour vous la faire courte, c'est de la confiture de lait, mais genre tellement bon, que tu t'enfiles un pot de 500g en trois jours sans sourciller, ça se mange avec tout, dans des cornets, avec du pain, avec des petits gateaux, à la CUILLÈRE MÊME SI TU VEUX. On en trouve même dans les Alfajors, alors qu'est-ce que ceci me direz-vous ? C'est - attention, tiens toi bien - une couche de biscuit, une couche de dulce de leche, une couche de chocolat, une couche de biscuit, une couche de dulce de leche... et puis une autre couche de biscuit et de chocolat. Ouais. Le tout, enveloppé dans du chocolat (dans du chocolat blanc, encore meilleur) et alors là tu fonds, tes papilles te remercient et tes hanches pas du tout. Bref, j'ai pris 3 kilos.

    Allez, je balance quelques photos, pas du tout exclusives vu qu'elles sont toutes sur Facebook, mais ça donnera une petite image de ce qu'est mon quotidien à présent !