Les Jeteurs d'Encre : site relatant les pérégrinations quotidiennes de 14 fabuleuses aventurières aux quatre (et même plus) coins du monde.

  • Europe
  • Grèce
  • Ecosse
  • Autriche
  • Roumanie
  • Europa Trip 2015
  • Europa Road-Trip 2016
  • Irlande
  • Croatie
  • Amérique
  • Bolivie
  • Equateur
  • Canada
  • Argentine
  • Afrique
  • Asie/Océanie
  • Australie
  • Japon
  • Sur la route du Soleil

    par Emilie, Equateur, Amérique

    Comme je le vante à qui veut bien l’entendre, l’avantage de l’Equateur demeure en la diversité de ses terres en dépit de sa modeste taille (moins de 284 000 km2 pour 15 millions d'habitants). Et c’est au mois de décembre dernier que j’ai enfin pu m’aventurer sur la côte Pacifique du pays!




    Après moult péripéties, je quitte Quito le 26 décembre au soir, en compagnie d’Adèle, direction la côte centrale du pays, aussi nommée Ruta del Sol (« Route du Soleil »). Cette destination fait partie des plus fameux itinéraires côtiers de l’Equateur pour la beauté de ses paysages. Mais le voyage pour atteindre notre première escale, Bahia de Caraquez, n’est, lui, pas des plus agréables : films de catégorie Z, changement de bus à 3 heures du matin, descente des Andes dans un bus aux suspensions douteuses…


    Bahia de Caraquez


    Une fois nos valises enfin posées à l’hôtel et reposées d’une petite-sieste-de-début-de-journée, nous voilà parties à la découverte de la paisible Bahia. La ville, située sur une péninsule sableuse, est de taille humaine et sent bon le rythme de vie tranquille des stations balnéaires. Quel bien fou de revoir la mer, des gens en savate et des vendeurs de jus/noix de coco aux coins de rues : c’est ça la viiiie ! A Bahia même la plage n’est pas des plus magnifiques, et nous nous rendons donc sur la rive d’en face à Canoa pour une journée bronzette et détente. En guise de balade digestive, nous visitons les cavernes d’Aposentos, en ne manquant pas de se faire quelques frayeurs sur le sentier aux allures de « désert de frontière mexicaine ».



    En route vers les Aposentos! 

    Le matinée suivante est consacrée à la découverte de Bahia elle-même, de son Eglise et de son concours de crèches grandeur nature, de sa croix d’une vingtaine de mètres de haut surplombant la ville, de son front de mer et de son musée des civilisations précolombiennes. Rien que ça.


    L’après-midi, changement de décor et direction les mangroves de la "Isla Corazón". Des battements de cils devant le guide et nous voilà parties pour un tour complet à prix réduits! Cette ile d’à peine 50 hectares est protégée et classée Refuge de Vie Sylvestre pour  les centaines d’oiseaux marins qui y vivent ou qui y passent simplement. La marée basse ne nous permet pas de pénétrer les mangroves de l’ilet mais en compensation nous avons droit aux petites histoires de notre guide Francisco à propos du Duende, monstre de contes pour enfants.

    A noter aussi que, désormais, des bébés palétuviers ("mangles"), ou arbres des mangroves, portent nos noms au cœur de ces mangroves de l’amouuuur!



    Puerto López


    Le jour suivant place à Puerto Lopez! Présentée comme un petit paisible village de pêcheurs, ce qui est vrai, Puerto Lopez parait tout de suite plus touristique que Bahia. Son charme est pourtant indéniable, et demeure mon coup de cœur du séjour. 

    A quelques kilomètres de Puerto Lopez se trouve la communauté d’Agua Blanca qui vit du tourisme communautaire. D’installation ancienne sur ce site, la communauté a cette particularité d’être restée dans ce lieu malgré les changements climatiques qui l’ont affectée et profondément changée ce dernier siècle. Là où, coulait jadis un immense fleuve, ne subsitse désormais plus qu'une foret sèche de tamarins et d’eucalyptus (flamboyants notamment). Des sources d’eau demeurent néanmoins et sont détournées pour permette à la communauté de s’en servir. Une de ces sources est notamment considérée comme sacrée car chargée en soufre et donnant une couleur blanche a l’eau dans le bassin d’où elle émerge.


    Le lendemain c’est excursion extra côtière, direction la « Galápagos des pauvres », l’Isla de la Plata. 

    Les versions divergent sur l’origine d’un tel nom. 

    La première, plus aventurière, prétend que le grand pirate Francis Drake y aurait tenté de cacher ici les trésors volés à un Galion espagnol ; mais qu’il échoua dans sa tentative d’atteindre l’ile... Le trésor girait donc encore quelque part dans les eaux claires qui entourent « l’Ile de l’Argent ». 

    La seconde, plus terre à terre, explique que les pêcheurs la fréquentant auraient été impressionnés par les couleurs aux accents argentés lorsque le soleil frappe ses immenses falaises rocheuses. Petite précision à l’anecdote : cette couleur argent qu’arborent les escarpements de l’ile est due au « guano » (popo!) des oiseaux occupant l’île… de l’argent sale en somme (blague obligée !) 

    Au programme de la journée, randonnée pédestre, exploration et observation d'oiseaux – en l’occurrence 90% de fous à pattes a bleus, 10% de frégates et 0% d’albatros, ces derniers ne pouvant être observes de près car actuellement réduits à deux couples sur l’ile. 

    Après un repas frugal, l’après-midi est consacré au Snorkeling avec de l’émerveillement et de la douleur au rendez-vous : poissons multicolores et piqures d’ « Agua mala » (des mini méduses non vénéneuses mais à la morsure bien ressentie !)



    Au large de l'ile de la Plata - Crédit photo: Adèle HEDDE



    Le 31 décembre nous décidons d’un programme plus détente, version Emilie et Adèle. Une randonnée en bord de mer dans le parc national de Machalila. Il s’agit en fait d’une réserve naturelle préservant les plages et les bosquets côtiers du littoral au nord de Puerto Lopez. Après deux heures de marche nous arrivons à la plus belle plage d’Equateur : Los Frailes. Bronzette pré-réveillon :) 

    Pour finir la journée en beauté et dans le plus bel exotisme, nous rentrons à l’hôtel à l’arrière d’un pickup chargé de légumes pourris mais cheveux au vent!



    Plage de Los Frailes vue depuis le mirador la surplombant - Crédit photo: Adèle HEDDE



    Pour le passage à la nouvelle année nous choisissons le lieu le plus « chevere » du pays pour un tel évènement : Montañita. LA ville fêtarde par excellence de l’Equateur, et d’ailleurs classée parmi les plus dix plus belles villes où célébrer le nouvel an selon un site pas connu J (Pour les curieux!). Rencontres, quiproquos, cocktails et sable dans les cheveux nous garantissent une soirée mémorable jusqu’au petit matin !


    Guayaquil


    La fin de notre séjour est consacrée à Guayaquil. Située sur l'estuaire du fleuve Guayas, la seconde ville d’Equateur mérite sa réputation : premier port du pays, Guayaquil est, sous bien des aspects, plus moderne que Quito même si beaucoup plus suffocante avec son climat tropical ne bénéficiant pas de vents marins directs pour la  rafraichir.

    Guayaquil a de quoi charmer ses visiteurs, d’autant que le gouvernement municipal de la ville ne lésine pas sur les moyens pour en faire une ville touristique et résolument ancrée dans son temps. Le Malecón 2000 offre ainsi, à tous depuis plus de dix ans, une promenade le long du Guayas. 

    Au nord de cette promenade balnéaire se trouve le vieux quartier bohème de la ville, las Peñas. Coloré et charmant avec ses petites rues pavées, ses ateliers et galeries d’artistes, ce lieu n’est pourtant qu’apparence, objet d’un ravalement de façade pour la majeure partie de ses bâtisses. Au-dessus de Las Peñas, surplombe le quartier de Santa Anna. Pour l’atteindre, mon souffle travaillé par les 3000 mètres d’altitude de Quito m’est d’un grand secours : 444 marches plus tard un immense phare nous accueille et une ultime ascension nous permet de profiter d’une vue impressionnante sur l’exploit tout juste réalisé mais aussi sur la ville !

    L'autre attraction de la ville ce sont ses iguanes en liberté. On peut en apercevoir d'énormes à quasiment chaque coin de rue! Le parc Seminario en abrite notamment une population impressionnante.



    Mes excuses pour les sensibles aux reptiles! - Crédit photo: Adèle HEDDE



    Côté cuisine, l’autre attrait de Guayaquil ce sont ces « yogurt y pan de yuca » : des yaourts glacés aux saveurs fruitées accompagnés de petits pains soufflés faits à base de manioc. Plus largement, la cuisine guayaquileña est à l’image de la gastronomie côtière du pays c’est-à-dire donnant la part belle au poisson, crabe et autres fruits de mer pour mon plus grand ravissement ! (#kilosde3a)



    En somme, un énorme coup de cœur pour la Costa équatorienne, ses paysages, ses saveurs et sa population!