Les Jeteurs d'Encre : site relatant les pérégrinations quotidiennes de 14 fabuleuses aventurières aux quatre (et même plus) coins du monde.

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    par Emilie, Equateur, Amérique

    Aujourd’hui me prend enfin l’envie (et le courage !) d’écrire sur la fin de mon expérience en Equateur. Coïncidence des dates, c’est le 25 mai dernier que s’est terminé mon impromptu équatorien, soit il y a exactement 3 mois jour pour jour.


    Alors, étant donné l’état d’esprit post "3ème année à l'étranger", j’aurais naturellement été encline à m’épancher sans retenue, lyriquement et douloureusement sur la finitude des choses. Pourtant, non. Je jouerai à la nana mature en tentant de mettre au clair de façon chirurgicale (*rires*), tel un récit, cette fin de séjour. Puisque « pathologie de retour » il y a, alors écrire et prendre de la distance, c’est aussi une thérapie pour s’en remettre !


    Les derniers mois : péripéties

    A partir du mois de janvier 2015, en rentrant de ma farniente littorale, le décompte a commencé. Je me suis gentiment choquée des trois mois écoulés et des quatre mois restants. Dès lors, le mot d’ordre a été un carpe diem équatorianisé par « Ya… No piensa en eso pues, aprovecha loca ! ». Ça a été un bon coup de fouet pour profiter non seulement de toutes les opportunités possibles pour visiter, sortir et voyager, ou, en d’autres termes, pour pédaler toute une journée sous la pluie sur la  route des cascades à Baños, manger du cochon d’Inde, apprendre quelques accords ridicules sur un ukulélé, courir 40 minutes "tous" les matins au réveil, assister à une bagarre après un concert de rap underground, profiter de balades simples à Quito, voir de la neige pour la première fois, faire la queue pendant 50 minutes aux côtés d’étudiants de sociologie afin d’assister à une conférence sur le marxisme (du jamais vu !), faire des crêpes pour 30 personnes et j’en passe. Mais ces derniers moments ont aussi été l’occasion de vivre encore plus intensément le quotidien dans mon ONG TECHO pour mener à bien mes projets de stage, faire du terrain les fins de semaine, se nourrir (*rires*) autant que possible des expériences des volontaires et des familles rencontrées…

    J’ai souvent en tête cette image d’un Oui-Oui spongieux pour représenter cette deuxième partie de mon année, dire oui à tout et s’imprégner du pays.

    Tous ces moments anecdotiques ont donc balisé mon séjour jusqu’à la fatidique quinzaine précédant le départ. Frissons. Emotion. Et là j’exagère à peine.


    L’au revoir : résolution, situation finale et morale

    Ça a commencé fin avril. Pas de pluriel puisque l’au revoir, sans grande nouveauté, a consisté en un long processus où chaque moment passé avec mes amis était une tristement répétitive séquence de « souvenirs-regrets ».  Et si on rajoute à cela des personnes aussi empathiques que vous, la situation tombe vite dans le pathos. J’avais en tête constamment ce classique couplet des Negs Marrons. Et c’est vrai ! En sept mois on en apprend des choses, on change et on grandit. Rien de bien novateur, mais quand ces changements sont vécus subjectivement on les "anecdotise" moins!

    Et comme dans tout récit d’aventure, la morale pointe alors le bout de son nez. Oui, à l’aune de ce voyage je porte un nouveau regard sur mes envies et mon avenir et pour résumer ce que je tire de  ce voyage, je dirais qu’en Equateur j’ai approfondi la conviction suivante: l’indignation alimente la passion, c’est le moteur essentiel à l’action.

    Bon. Je modère quand même mon propos parce qu’en vérité tout ce larmoiement a été assez limité compte tenu des échéances en jeu au même moment, à savoir produire et rendre un tout beau rapport de stage, joie! Ou échappatoire salvatrice ?!


    Préparer le retour: nouvel état initial

    La préparation technique de mon retour a été l’image de mon état d’esprit : retarder l’échéance. Prévoir un hébergement, effectuer les démarches nécessaires auprès de l’école, boucler sportivement mes valises ont été des formalités peu agréables à réaliser.

    Mais retourner en France c’est aussi se remettre sur le rail de ses études, entamer le Master ! J’ai en horreur cette formule de «  retourner à la vraie vie » ; ce serait dénigrer douloureusement l’expérience à l’étranger comme une parenthèse paradisiaque avec clap de fin. Ouin. Dans mon cas, la continuité est un peu difficile à opérer, tant je me suis questionnée sur mes vraies ambitions professionnelles. Quoiqu’il en soit, cette année qui débute à Sciences Po promet très certainement d’être intense et intéressante ! A l’instar de l’émerveillée que j’étais le 1er octobre 2014 en voyant les lueurs de Quito briller à travers le hublot, je me promets d’adopter un regard neuf et empressé pour cette nouvelle année dans la relative exotique ville de Rennes…


    Chuta...ay vamos!

     



    "Emilie à la tâche" - 2015 - Auteur inconnu - illustration modestement prétentieuse